Alzheimer (suite)

Scène 6

 (Jeu de lumière pour indiquer que l’on change de jour, on éteint puis on rallume)

(Munie de la clé Marie ouvre le jardin et sonne) (Il peut très bien y avoir une porte décor en devant de scène pour le jardin, à vous d’être imaginatif)

-         Voilà, voilà, j’arrive (crie mamie à travers la porte)

MARIE         - Bonjour, madame, vous allez bien.

Madame NADA    - Bonjour, oui et vous.

MARIE         - Ca va, merci. AU BOULOT !

Madame NADA    - Mais vous faites quoi ?

MARIE         - Je passe l’aspirateur.

Madame NADA    - Encore, mais c’est propre.

MARIE         - Madame, si je le passe c’est que ça ne l’est pas.

Madame NADA    - Ah ! Bon si vous le dites, et bien faites. (Cinq minutes après, mamie inquiète  Dites madame, z’auriez pas vu passer mes chaussures ?

MARIE         - (Marie surprise) Heu ! (Puis elle éclate de rire) A moins que ce ne soit des chaussures magiques qui marchent toutes seules. Non ! Je ne les ai pas vu passer.

Madame NADA    - Vous êtes bête.

MARIE         - Mais non madame ! C’est vous qui parlez mal.

Madame NADA    - Oui, peut-être, m’enfin n’empêche que j’ai perdu mes chaussures.

MARIE         - Et bien ça, c’est grave de chez grave.

Madame NADA    - Qu’est ce que vous dîtes ?

MARIE         - Rien je dis que c’est grave ?

Madame NADA    - Ben, oui alors ! Qu’est ce que je vais mettre aux pieds.

MARIE         - Rien, na ! Vous êtes punie vous allez nous jouer ce matin les va nu-pieds.

Madame NADA    - Les quoi ?

MARIE         - Les va nu-pieds, vu que vous n’avez pas vos chaussures.

Madame NADA    - Vous êtes drôle vous ! C’est ainsi que l’on dit quand on perd ses souliers.

MARIE         - Oui madame.

Madame NADA    - Eh ! bien j’aurai appris quelque chose ce matin.

MARIE         - Oui, je suis d’accord avec vous.

Madame NADA    - Pardon, vous dites ? DEMANDE MAMIE ACCROUPIE SOUS LA TABLE.

MARIE         - Rien, je parle toute seule.

Madame NADA    - Ah ! Vous aussi.

MARIE         - Oui, même que parfois je me trouve grave. Je me demande si je fais pas l’ALZHEIMER moi aussi à perdre les jours, les dates, les choses. Je vais finir par me perdre moi même.

Madame NADA    - C’est qui celui là ?

MARIE         - Quoi ! Où ça, où ça, s’excite en sautant Marie cherchant autour d’elle.

Madame NADA    - Arrêtez-vous de bouger, vous me donnez le tournis ! C’est qui l’Alzha….MACHIN ?         Oh ! Seigneur Jésus, je me rappelle plus.

MARIE         - Ah ! Madame vous m’avez fait peur. Je croyais qu’il y avait quelqu’un dans la pièce. L’ALZHEIMER c’est un sacré fouteur de merde.

Madame NADA    - Oui, mais c’est qui celui là ?

MARIE         - Celui qui vous a pris votre vie, quand vous ne vous y attendiez pas, le mangeur de neurones, de mémoires.

Madame NADA    - Ah ! Mais je ne comprends pas et comment il est venu ici ?

MARIE         - Ah ! Ça madame on en sait rien. C’est un mangeur d’histoire, un semeur de zizanie.

Madame NADA    - Ah ! Bon je ne le savais pas, merci de me prévenir, quand je le verrai je lui dirai deux mots (prévient mamie en s’éloignant) (Marie a trouvé un mot sur la machine, elle lit à haute voix)

MARIE         - Maman s’est salie ce matin merci de mettre la machine en route en appuyant juste sur le bouton marche) Marie obéit puis passe l’aspirateur. Arrive mamie inquiète d’entendre la machine tourner et qui ouvre celle-ci. Marie arrête l’aspirateur et crie Madame ne touchez pas !

Madame NADA    - Mais, je veux voir ce qu’il y a dedans.

MARIE         - C’est votre linge.

Madame NADA    - Ah bon ! (Marie rebranche l’aspirateur mais  mamie  têtue a de nouveau ouvert la machine)

MARIE         - Madame pas touche ça mord (Mamie sursaute)

Madame NADA    - Mais ! Vous m’avez fait peur. Je veux voir ce qu’il y a dedans.

MARIE         - Du linge sale, vous avez renversé votre déjeuner ce matin sur vous et maintenant le linge, il est dans la machine, et la gentille machine elle va le laver (Marie pour elle-même, Qu’est ce que je raconte je pète les plombs)

Madame NADA    - Vous quoi ?

MARIE         - Rien madame, asseyez-vous.

Madame NADA    - Bon ! Bon oh ! Seigneur Jésus. Oui, mais tout de même pourquoi elle tourne.

MARIE         - Ouh ! La, la, la, la, je vais vous attacher.

Madame NADA    - Y’a quoi dedans.

MARIE         - De l’eau

Madame NADA    - Je veux voir.

MARIE         - Non !

Madame NADA    - Si ! Je veux voir.

MARIE         - Vin Dju ! J’en aurai du mal. D’abord on peut plus l’ouvrir. Y a une sécurité  qui empêche de le faire (chante Marie) Elle est gentille la petite machine. On ne peut pas regarder dedans quand elle tourne. Et elle va être gentille Mamie, elle va arrêter de me faire tourner en bourrique et elle va s’asseoir.

Madame NADA    - Ah ! Bon ! Ben j’m’asseois (chante mamie sur le même ton)

MARIE         - Merci.

Madame NADA    - Y a pas de quoi. Je suis une gentille mamie.

MARIE         - Oui.

Madame NADA    - Alors un bisou.

MARIE         - Un bisou, na !

Madame NADA    - Vous êtes gentille vous aussi

MARIE         - Oui merci.

Sur ces entrefaites Dominique arrive. Marie lui relate l’incident. Dominique promet de surveiller sa mère. Marie s’en va.

DOMINIQUE          - ALORS MAMAN, tu fais des bêtises.

Madame NADA    - Moi mais pas du tout.

DOMINIQUE          - Tu ouvres la machine. Tu n’es vraiment pas bien. Crie Dominique.

Madame NADA    - C’est toi qui est pas bien, arrête de crier je ne suis pas sourde et si t’es pas contente, tu vas dans ta maison, je suis ici chez moi.

DOMINIQUE          - Oui, je sais maman, tu ne m’aimes pas, tu as toujours préféré Claude.

Claude, Qui c’est celle-là ?

DOMINIQUE          - Ah maman ne me dis pas que tu as oublié ton autre fille.

Madame NADA    - Ah ! J’ai une autre fille première nouvelle, mais tu es qui toi ?

DOMINIQUE          - Dominique, je suis ta fille, non de Dieu, rappelles toi. Oh ! Je ne m’y ferai jamais à cette maladie.

Madame NADA    - Quelle maladie ?

DOMINIQUE          - L’alzheimer.

Madame NADA    - Oh ! Celui là il ne fait que passer, il vous pique vos neurones, il raye le disque dur et PFFFT ! Plus rien.

DOMINIQUE          - Tiens maman d’où tu tiens cela ?

Madame NADA    - C’est….C’est la dame qui me l’a dit. D’ailleurs il faudra que je lui dise deux mots à ce semeur de zizanie quand je le rencontrerai.

DOMINIQUE          - Semeur de zizanie, elle a parfaitement raison.

Madame NADA    - Qui ça ?

DOMINIQUE          - Rien maman, bon je pends ton linge, et j’y vais. Claude viendra te porter ton repas ce soir et t’aider à mettre une couche vue que tu as des fuites. D’accord maman !

Madame NADA    - Oui d’accord.

Scène 7 (facultative car elle pourrait choquer, c’est pourtant du vécu)

 

MARIE         - AÏE, aïe, Aïe madame, c’est la cata !

Madame NADA    - Quoi encore ?

MARIE         - Là, là au sol, je vous suis à la trace.

Madame NADA    - Ben ! Ce n’est pas de ma faute si j’ai la courante.

MARIE         - Non ! bien sûr que non ! Madame, m’enfin de là à avoir des fuites jusque dans le couloir, sur la cuvette et j’en passe. Pas bien ! Et là, là sur le mur, madame, Oh ! Pas bien du tout (dispute Marie en secouant le doigt en direction de mamie, puis regardant les mains de celle-ci.) Oh ! Madame avez-vous pris du papier pour vous essuyer ?

Madame NADA    - Ben ! Oui c’te question ?

MARIE         - Madame, vous en avez plein les doigts. Je sais bien que ça porte-bonheur mais tout de même. Venez-vous laver.

Madame NADA    - Oh ! Seigneur Jésus ! (Mamie étonnée, regarde ses mains souillées puis obéit et se lave les mains)

MARIE         - Madame y’a pas pénurie de P.Q. ? On n’en prend pas un petit bout que l’on met sur le doigt pour s’essuyer on utilise plusieurs feuilles.

Madame NADA    - Ah ! Il reste du papier W.C. Je croyais que j’en avais plus.

MARIE         - OUI ! Il en reste et la balayette ce n’est pas que décoratif, vous êtes une coquine.

Madame NADA    - C’est quoi une balayette ?

MARIE         - C’est pour nettoyer la cuvette, venez je vous montre. (Mamie suit Marie)

Madame NADA    - Ah ! C’est ça, et on fait comment ?

MARIE         - Comme cela madame, voilà tout autour pour nettoyer.

Madame NADA    - AH ! Et bien maintenant je le saurai, merci madame. Vous êtes gentille, l’autre elle crie tout le temps.

MARIE         - Qui Dominique ? Il faut l’excuser elle n’accepte pas votre maladie. Elle vous fait des penses bêtes à droite, à gauche accrochés de-ci, de-là, comme des guirlandes, des flashs, pour vous aider mais vous ne les lisez pas. Alors elle se fâche.

Madame NADA    - Ah ! C’est donc ça, c’est parce que je ne lis pas qu’elle est en colère la dame.

MARIE         - La dame c’est votre fille.

Madame NADA    - Dites j’en ai beaucoup des filles.

MARIE         - Juste deux mamie, Claude et Dominique.

Madame NADA    - Bon c’est bien.

MARIE         - ET BIEN ! On récapitule vous vous appelez ?

Madame NADA    - Paule.

MARIE         - Bravo, vous avez combien de filles.

Madame NADA    - Deux.

MARIE         - Très bien. Et là j’ai combien de doigts, rit Marie.

Madame NADA    - Ben trois, petit bisou j’ai bien répondu.

MARIE         - Petit bisou, voilà.

( mamie s’est barricadée. Impossible d’entrer, Marie tambourine à la porte)

MARIE         - Madame !

Madame NADA    - Oui ! Voilà, voilà !

MARIE         - Madame je peux rentrer !

Madame NADA    - Voilà, voilà ! J’arrive.

MARIE         - Madame, il fait un froid de canard. Je me les gèle. Vous me l’ouvrez cette porte !

Madame NADA    - Oui ! Deux minutes (bruit derrière la porte enfin elle s’ouvre.

MARIE         - Et bien madame, vous en avez mis du temps ! C’est quoi ce binz. Qu’est ce qu’il fait là l’aspirateur ?

Madame NADA    - J’ai peur qu’on vienne me prendre ma chienne et mon chat.

MARIE         - Qui voulez-vous qu’il vienne ? Ils sont vos anges gardiens vos animaux. Y’a pas de danger, et puis il est midi vous êtes encore en pyjama.

Madame NADA    - Oui ! Je me lève.

MARIE         - Vous avez déjeuné ?

Madame NADA    - Non !

MARIE         - Vous vous êtes lavée ?

Madame NADA    - Non !

MARIE         - Alors ouste salle de bain et petit déj.

Madame NADA    - Oh !là, là, là, là.

MARIE         - Oui, madame allez !

Madame NADA    - Ca va, ça va j’arrive, je suis fatiguée, je peux m’asseoir.

MARIE         - Non, salle de bains.

Madame NADA    - Oh ! Seigneur Jésus, vous êtes dure.

MARIE         - Madame qu’est ce que vous faites de vos nuits, la chasse aux fantômes ?

Madame NADA    - Peut-être bien que oui, c’est ça je chasse les fantômes, c’est pour cela que je suis fatiguée.

MARIE         - Et bien moi je suis une petite sorcière et je vais venir vous chatouiller les pieds si vous ne dormez pas le soir.

Madame NADA    - Ah ! Si vous le dîtes. (Et Marie de chanter)

MARIE         - Méfie-toi les soirs de pleines lunes, la sorcière enfourche son balai, c’est elle qui ce soir là fait la une. Elle va se promener. Abracadabra la sorcière et là. Abracadabri elle n’est plus ici.

Madame NADA    - Vous chantez bien.

MARIE         - Merci madame.

Madame NADA    - De rien, de rien, c’est gratuit.

MARIE         - Oh ! Oh ! On fait dans l’humour.

Madame NADA    - Oui, ça m’arrive.

MARIE         - Là, voilà, vous êtes propre, Hop ! Petit déj zou ! À table. (Marie installe Mamie à table puis elle passe l’aspirateur. Quand mamie a terminé elle va voir Marie.)

Madame NADA    - Dîtes madame, j’ai sali ma couche, alors je l’ai lavé mais je ne comprends rien. Y’a pleins de petits bouts partout. Vous allez me disputer, j’en ai mis partout.

MARIE         - Je vois ça, madame les couches là, ne se lavent pas, elles se jettent.

Madame NADA    - Ah ! Bon. Ben dans le temps, on les faisait bouillir et on s’en resservait.

MARIE         - Oui ! Mais les temps changent et ça on jette.

Madame NADA    - Quel gâchis, je ne comprends rien du tout.

MARIE         - C’est comme ça madame ; il ne faut pas chercher à comprendre, c’est le progrès.

Madame NADA    - Le progrès, le progrès, c’est du gâchis quand même insiste mamie.

MARIE         - Tout a fait d’accord Charlie, tout à fait d’accord !

Madame NADA    - Pardon !

MARIE         - Rien madame je radote.

Madame NADA    - Ah ! Bon.

Scène 8

Madame Nada est seule dans sa salle de bains face à son miroir.

Madame NADA -Bonjour madame, vous êtes qui ?

N’obtenant pas de réponse, elle s’en inquiète approche sa main de l’objet, le caresse.

Madame NADA Vous êtes belle, madame. Madame !!! Madame !!!(Elle frappe au miroir)

Madame NADA Toc, toc, y a quelqu’un, pourquoi vous ne répondez pas ? Bon et bien tant pis, je vais voir ma chienne, si elle n’est pas partie. (Et elle sort de la salle de bains).

Madame NADA -je voulais faire quoi déjà ? Je ne me rappelle plus, oh ! La, la la la, Seigneur Jésus.

Mamie branche l’aspirateur (Il est une heure du matin puis elle le brandit vers un personnage imaginaire)

Madame NADA    - vient ici Al, allez ! Vient ici. Espèce de sale voleur. Arrive le voisin qui tambourine à la porte, très inquiet parce qu’il a été réveillé par le bruit.

LE VOISIN  -Madame Nada, ouvrez (mamie laisse l’aspirateur en marche et va ouvrir)

Madame NADA    - Oui, voilà, voilà, j’arrive. Monsieur ! Vous désirez !

LE VOISIN  Je suis votre voisin, madame Nada, je vous ai entendu crier après un certain Al (Il entre en brandissant un fusil) Il est où votre voleur que j’en fasse de la pâté. (Crie t-il  en brandissant le fusil)

Madame NADA    - Vous êtes gentil monsieur, vous êtes qui ?

LE VOISIN  -Je suis votre voisin, madame Nada. Oh ! Cette maudite maladie, moi non plus, je ne m’y fais pas faut toujours répéter cent fois la même chose. Alors il est où, votre voleur !

Madame NADA    - Oh, lui ! Dans l’aspirateur.

LE VOISIN  - Dans l’aspirateur ! (S’exclame le voisin estomaqué) Non ! Pas possible, l’est tout petit alors !

Madame NADA    - Oui, l’est tout petit mais il fait des dégâts.

LE VOISIN  - Ah ! Il  a cassé quelque chose (           Puis pour lui-même. Il ne peut pas être dans l’aspirateur, c’est impossible, il examine l’appareil sous toutes les coutures et regarde par le trou du tuyau.

Madame NADA    - Il a rien cassé, il vole tout ce qu’il trouve, vous savez, il s’appelle AL, c’est un fouteur de merde, un mangeur de neurone.

LE VOISIN  - Madame Nada ! s’exclame le voisin, Comment vous parlez ?

Madame NADA    - Et bien, je ne  fais que dire la vérité, il est comme cela Al (dit Mamie dans un instant d’extrême lucidité)

LE VOISIN  - Un mangeur de neurones, vous voulez dire, mais oui, voyons ! Suis-je bête, AL, c’est l’alzheimer.

Madame NADA    -  Oui, c’est çà Al machin comme vous dites.

LE VOISIN  - Madame Nada, il est une heure du matin, Al ce n’est pas une personne, c’est une maladie.

Madame NADA    - ah bon ! Si vous le dites.

LE VOISIN  - Oui, c’est une maladie, et ce n’est pas une heure pour réveiller vos voisins et leur faire de telles frayeurs, c’est l’heure de dormir. Vous allez gentiment vous recoucher et ne pas rebrancher l’aspirateur ou je vous le confisque.

Madame NADA    - ah, il faut se coucher ! Bon ben, dans ce cas j’y vais.

LE VOISIN  Bonne nuit, madame Nada.

Madame NADA        - Bonne nuit, monsieur. (Mamie va se coucher fin de la scène)

Autre scène Madame Nada se dirige vers le placard, entre dedans et en referme la porte. Arrive Marie qui la cherche pour lui faire sa toilette)

MARIE         - Madame Nada ? Vous êtes où ? (La porte du placard s’ouvre)

Madame NADA    - coucou, je suis là.

MARIE         - qu’est-ce que vous faites là dedans ? demande Marie étonnée.

Madame NADA    - Je vais aux toilettes, j’ai envie, vous m’excuserez j’y retourne.

MARIE         - Madame Nada, ce ne sont pas les toilettes, ici c’est un placard

Madame NADA    - ah, je me disais aussi, je ne trouve pas le truc, il manque quelque chose.

MARIE         - venez, sortez de là, les toilettes c’est l’autre porte. Je vais vous faire un parcours fléché.

Madame NADA    - ah, oui je veux bien, je suis perdue moi ici.

(Marie découpe des feuilles, écrit placard sur l’une, toilettes sur l’autre puis les colles sur les portes)

MARIE         - voilà dit-elle, comme cela vous ne pourrez plus vous tromper.

Madame NADA    - merci Madame, vous êtes gentille, c’est grand ici, c’est bien, c’est chez qui ?

MARIE         - c’est chez vous, Madame Nada.

Madame NADA    - ah bon si vous le dites !

MARIE         - au fait, madame Nada petite vérification vous savez toujours lire.

Madame NADA    - ben oui, je crois.

MARIE         - vous n’en êtes pas sûre, je vous demande cela pour, des fois que l’autre abruti vous ai aussi en passant piqué la lecture. Sait-on jamais ? Vu qu’il ramasse tout ce qui traîne et qu’il ne laisse rien. On va vérifier, c’est écrit quoi là.

Madame NADA    - placard.

MARIE         - très bien. Et là.

Madame NADA    - toilettes.

MARIE         - Ouf ! On est sauvé.

Madame NADA    - oui, Al, n’a pas encore tout piqué, et il n’a pas intérêt sinon je branche.

MARIE         - vous branchez, et vous branchez quoi.

Madame NADA    - Je branche le……..le machin.

MARIE         - quel machin !

-ça fait madame Nada en désignant l’aspirateur.

MARIE         - et ?

Madame NADA    - Je le chasse. Enfin, le machin l’avale.

MARIE         - pfutt Madame, l’aspirateur avale juste la poussière.

Al n’est ni un personnage, même  si je l’appelle AL pour la forme, ni un objet c’est une maladie. Aller, venez que je vous lave, direction salle de bains.

Lorsqu’elles ont terminé. On sonne à la porte, Marie va ouvrir.

Scène 9

MARIE         - Bonjour, docteur !

LE  MEDECIN DE FAMILLE -Bonjour Madame Denis, vous allez bien.

MARIE         - Ma foi, oui, ça va.

LE  MEDECIN DE FAMILLE -Bonjour, madame Nada !

Madame NADA    - Bonjour docteur !

LE  MEDECIN DE FAMILLE -Vous, vous rappelez de moi, c’est bien !

Madame NADA    - Et bien oui, je me rappelle, pourquoi, je devrais oublier ?

LE  MEDECIN DE FAMILLE -Non, non du tout, votre maladie fait déjà le travail, alors !

Madame NADA    - Ah, bon ! Je suis malade, c’est pour cela que vous êtes là !

LE  MEDECIN DE FAMILLE -Oui, vous avez la maladie d’Alzheimer, je viens renouveler vos médicaments.

Madame NADA    - Oh ! C’est vrai que celui là me pique tout.

LE  MEDECIN DE FAMILLE -Qui ça ?

Madame NADA    - AL !

 

mercredi 14 janvier 2009 20:25 , dans PIECE 3 - SUITE --


ALZHEIMER

ALZHEIMER

 Dans la maladie d’Alzheimer il faut communiquer avec le malade et même lorsque les mots manquent, un échange doit toujours être possible.

 COMMUNICATION : processus qui implique autant langage verbal que non verbal. Si le malade ne saisit plus la signification des mots, il demeure sensible au climat affectif et au ton de la voix. S’il se sent en confiance, la communication a toute les chance de réussir.

 Dans la relation avec le malade l’affectif prévaut comme dans le discours amoureux ou la colère, la façon de dire compte davantage que ce qui est dit. Les mots perdent alors leur utilité d’instruments précis de désignation des choses, pour devenir véhicules, parfois maladroits des sentiments.

 Le langage perturbé du malade fait percevoir sa détérioration intellectuelle et la souffrance qui l’accompagne. Il peut être tentant de ne pas écouter cette personne confuse, peut être délirante qui répète toujours la même chose. Il est tentant de fuir en parlant à sa place.

 L ALZHEIMER : Il est facile face à se parler étrange qui peut paraître tour à tour absurde, décousu, incohérent, de se réfugier derrière son parler logique, rationnel et cohérent.

On ne progresse en matière de savoir affectif qu’en se mettant à l’écoute du malade, en essayant de décoder, ce qu’il a souhaité nous dire.

 UNE RENCONTRE REUSSIE  avec un malade ALZHEIMER se développe dans la Tendresse.

Il ne faut pas se protéger derrière notre raison, notre logique mais se laisser envahir par un mode de communication qui ne serait pas tout à fait le nôtre. Etre dans l’état de Curiosité dans le sens D UNE ENVIE DE COMPRENDRE UN ETRE, D ALLER A SA DECOUVERTE ;

 CONSEILS : Lui parler en face

                      Capter regard et sourire

                      Faire des phrases courtes ce afin d’éviter les phrases qui vont mélanger

                      plusieurs actions

                      Parler lentement.

                      Dire son nom

                      La toucher

                      Etablir contact avec les yeux

                      Rappeler qui on est et ce que l’on fait

                      Eviter distraction

                      Diminuer le bruit ambiant

                      Parler calmement, amicalement de façon rassurante

                      Transmettre un message clairement, sans crier

 Qu’est ce que ALZHEIMER

 Atteinte du cerveau, dégénérescence de certaines cellules nerveuses= difficultés à analyser les infos extérieures et à les utiliser de façon adaptée. Cela engendre une entrave progressive dans la faculté de penser, de se souvenir, de comprendre et de prendre une décision.

Difficultés à exécuter les tâches quotidiennes comme s’habiller, préparer son repas, se laver. Il faut alors l’aide d’un tiers  

LES CAUSES : Elles sont inexpliquées, impossible d’arrêter la progression.

Des traitements récents freinent la maladie à condition d’être donné de façon précoce.

Ce n’est pas un facteur de vieillissent

Ce n’est pas dû au stress

Ce n’est pas contagieux

Cela frappe plus les femmes que les hommes

S’aggrave si maladie vasculaire cérébrale.

 LES SIGNES : Modification comportemental

                         Difficultés à se souvenir des événements récents

                         Difficultés à s’adapter à nouveaux lieux et situations

                         Difficultés à utiliser les mots correctement et à apprendre de nouvelles choses

                         Difficultés à maîtriser ses émotions, à faire du calcul, à s’occuper de ses finances.

                        La personne est souvent démotivée et s’isole, les modifications s’installent graduellement.

DIAGNOSTIC : Avec scanner et doppler

                            Analyse de sang

                            Consultation neurologue

                            Tests Mémoire, lecture, calcul, écriture, association de mots etc…

 


 

EXTRAIT 2 ALZHEIMER

 Pièce théâtre ALZHEIMER DU RIRE AUX LARMES

 RESUME :   Marie Denis est auxiliaire vie et services auprès d’une personne ayant la maladie d’Alzheimer.

Elle connaît  le sujet puisque depuis cinq ans, elle s’occupe de nombreuses personnes dans le même cas.

Son personnage  est rieur, jovial, voire  moqueur. Elle traite avec bonhomie cette maladie, allant jusqu’à créer un personnage fictif, farceur qu’elle appelle AL diminutif de la maladie d’Alzheimer.

Elle pousse le jeu à l’extrême. Elle est tellement au quotidien dans cette maladie qu’elle va parfois jusqu’à penser  l’avoir elle aussi.

Surtout lorsqu’elle est fatiguée et  qu’inconsciemment elle fait des erreurs.

Elle travaille au domicile de madame NADA, celle-ci a deux filles Dominique et Claude. Interviennent aussi dans la pièce, le médecin de famille et un voisin. Nous avons donc six personnages confrontés à des situations diverses, voulues et créées par l’auteur.

 

LES AUTRES PERSONNAGES

 

Madame NADA atteinte de la maladie d’Alzheimer a des pertes de mémoire au point d’oublier  les gestes vitaux  du quotidien  comme se lever, se nourrir, s’occuper de son intérieur. Oublier qu’elle a des enfants.

Elle a aussi des moments d’extrêmes lucidités. Elle a déteint son comportement  en le calquant sur celui de Marie  qui s’occupe d’elle. Parlant de l’Alzheimer, elle aussi comme d’un personnage fictif et dérangeant. Poussant le jeu jusqu’à  le chasser la nuit en branchant l’aspirateur dans l’espoir de le faire disparaître.

 

 

DOMINIQUE, aînée des filles de madame NADA, n’accepte pas la maladie de sa mère. Elle se fâche souvent, crie. Il en ressort chez elle, la frustration d’avoir était mal aimée puisque c’est la cadette qui a procuration sur les comptes de sa mère et non elle.

 

 

CLAUDE la cadette des filles de madame NADA est joviale, moqueuse, rieuse, bref c’est une bonne vivante.

LE VOISIN : Il n’intervient que deux fois mais se pose comme personnage  protecteur…..Puisqu’il arrive à la rescousse de madame Nada pensant qu’il y a un cambrioleur du nom de Al chez elle. Il a aussi le comportement de quelqu’un de naïf, puisqu’il regarde dans le tuyau de l’aspirateur  

LE  MEDECIN DE FAMILLE connaît très bien Marie qui habite le même village que madame NADA. Et ne s’étonne pas trop de sa façon d’être et d’agir. Il aime la vie et il aime rire. Il côtoie tout le monde avec bonne humeur.

 

Scène 1

Alzheimer du rire aux larmes

PROLOGUE MAGNETO qui déroule en début de scène (voix féminine ou masculine sur l’enregistrement, selon, si cette pièce mixte est jouée par l’un ou l’autre des 2 sexes. Chaque tiret correspond à une phrase, c’est lu comme un courrier. La scène n’est pas allumée, le rideau n’est pas levé, par contre la salle est éteinte, pour les décors la scène sera coupée en 2 parties, l’une représentant chez M ou Mme Nada avec juste table, chaise, canapé, téléphone

L’autre chez DENIS avec juste bureau, chaise, téléphone, porte manteau)

 Madame, Monsieur

Nous avons reçu votre mère qui a la maladie d’ALZHEIMER dans notre institut, et nous devions la garder 3 semaines, mais compte tenu de son comportement à savoir :

-         Fugues à diverses reprises, intervention de la gendarmerie

-         Usurpation d’identité

-         Vol de dentier, de sa voisine de chambre, en affirmant qu’il lui appartenait, et que si elle le perdait c’était la faute du dentiste et non parce qu’il ne lui allait pas

-         Emprunt de lunettes

-         De plus madame votre mère ingurgite tous les médicaments qu’elle trouve pensant qu’il s’agit de bonbons.

-         Elle ne se lave plus.

-         Bref on cherche toujours après elle, on doit constamment la surveiller et il en résulte la démission de deux infirmières, le médecin  ne veut plus se déplacer, il dit qu’il va y laisser sa peau. Le cuistot menace de faire grève si elle persiste à semer la panique dans la cuisine et les femmes de ménage aussi, si elle continue à leur planquer le matériel de service.

-         Donc compte tenu des circonstances, veuillez venir récupérer votre maman rapidement.

 (Le magnéto s’arrête. un projecteur est rallumé dans la salle, le personnage principal (M ou Mme NADA entre par côté public, et va s’asseoir en bordure d’allée, non loin de l’accès escalier scène, le tout sans rien dire, accessoire chien en peluche sous le bras. La salle est plongée dans le noir)

 Scène 2

Le rideau se lève, la scène s’allume sur CLAUDE et DOMINIQUE, on ne distingue pas les meubles, juste jeux de lumière sur les 2 acteurs)

 DOMINIQUE        - Claude, on a ramené maman depuis un mois. , Alors il faut l’intervention d’une tierce personne. Tu étais d’accord, tu l’es toujours ?

CLAUDE     -  Oui, oui !                                

DOMINIQUE        -  Bon, tu as trouvé le N° de Téléphone, on appelle !

CLAUDE     -  D’accord.

(Dominique compose un numéro sur le cadran, utiliser une personne dans les coulisses pour faire les répliques voix au téléphone ou un magnéto)

VOIX AU TELEPHONE

- Allô ! Ici l’institut d’aide à domicile que puis-je faire pour vous ?

DOMINIQUE        - Nous avons besoin d’une personne pour s’occuper de notre maman qui a la maladie d’ALZHEIMER.

 VOIX AU TELEPHONE          - Ca tombe bien, on a madame Marie DENIS  de disponible, je prends votre adresse, je la contacte et je vous l’envoie.

DOMINIQUE

-         Il faut qu’elle aille chez Madame NADA, 5 impasse du Paradis, je suis l’une de ses filles Dominique, je serai sur place sous peu.

VOIX AU TELEPHONE          - Très bien je l’appelle et je vous envoie le contrat à remplir, merci de votre confiance, bon courage, à bientôt.

DOMINIQUE        - A bientôt Madame et merci.

 Scène 3

 (On éteint les projecteurs sur scène et on rallume celui sur le personnage principal dans la salle publique  ‘ M ou Mme Nada ‘   commence le show, ‘entame vivante’ )

                                    M ou Mme NADA

‘ Bonjour Monsieur, Bonsoir Madame, ‘On attend qui ? C’est quoi ce Binz ? Vous êtes médecin ? (Puis sans attendre de réponse ou l’ignorant repart vers la scène, ouvre le paquet de confettis qu’elle fait voler comme de la neige, puis monte sur scène y émiette du pain et dépose son chien en disant tiens ! ma belle mange

. Les lumières s’éteignent et se rallument sur l’autre côté de scène chez Madame Denis.

 Scène 4

 (Sonnerie de téléphone, Marie décroche)

MARIE DENIS     - oui allo ?

VOIX AU TELEPHONE                        - MARIE ?

 MARIE DENIS     - OUI, c’est bien moi (Marie jette des regards inquiets autour d’elle) A moins que mon chat n’ai le don de répondre à ma place, ce qui n’est pas encore le cas. C’est moi.

VOIX AU TELEPHONE (RIRES) J’ai un contrat pour vous.

MARIE DENIS     - Oui, mais encore ?

VOIX AU TELEPHONE            - Une dame qui a la maladie d’Alzheimer et qui n’habite pas très loin de chez vous, vous prenez ?

MARIE DENIS     - OUI.

VOIX AU TELEPHONE Très bien, je vous donne son nom et son adresse, vous avez de quoi noter ?

MARIE DENIS     - J’ai.

 VOIX AU TELEPHONE            - Madame NADA  Paule, 5 impasse Paradis, voilà, on prévient sa fille Dominique que vous y allez, BON COURAGE !

MARIE DENIS     - Merci.

(Marie raccroche et voilà qu’elle parle seule à haute voix,long monologue facultatif)

-         Madame NADA, ça veut dire RIEN. Alors l’ALZHEIMER lui a tout piqué, c’est plein de vide. Impasse du Paradis, tu parles c’est plutôt l’impasse de l’enfer.

 Alzheimer traître, scélérat, tu débarques là où l’on ne t’attend pas.

Qui es-tu ? Et pour qui te prends-tu ?

Tu t’abats sur les êtres sans distinction. « Tiens c’est moi, je passais par-là, c’est toi que j’ai choisi. »

Boum ! Çà vous tombe dessus de je ne sais où? Na ! C’est comme çà.

Comme si t’avais joué à pile ou face ou alors que tu nous aurais fait Amstramgram pic et pic et colégram çà sera toi qui l’auras.

Splach ! Un gros pavé dans la mare y’a un NEU-NEU qui ce jour là se rabat sur toi. Il t’a choisi au hasard et paf, il te pique tes neurones, il te raye ton disque dur. Tu sais plus qui tu es ?  Ce que tu fais ? Ce que t’as à faire ? Qui sont les autres ?

Bref ! C’est le bouillon, le bouillon de onze heures, la mauvaise farce.

T’oublies les mots, t’essayes bien de faire des phrases, d’y mettre des verbes, de retenir. NADA, la seconde d’après t’as oublié et l’autre il se marre mais grave.

Il a vidé ta boite à pensées, t’as plus que du néant et débrouilles toi avec.

Voilà l’Alzheimer. Comment le définir, voyons décortiquons.

 A = Atteinte, mais grave de chez grave

L = lentement mais sûrement

Z = comme zéro, rien ou encore, il nous la joue à la Zorro coucou, c’est moi que voilà, je passais par là toc-toc, j’ai fait mon entrée, voilà la sortie, y’a plus rien à voir.

H = hors service

E = Economie, t’as plus à penser qui tu es, t’as oublié, ce sont les autres qui te le rappellent.

I = ici, je mange ton passé, le présent tu végètes et y’a pas d’avenir.

M = merci, je t’ai pris ta vie, je suis un poison, y’a plus d’horizon, je suis passé avant, devant pendant, il n’y a plus d’après.

E = encore, je te la rejoue, j’ai pas tout bien vu, je dois revisiter, j’ai rien oublié, j’ t’ai plus rien laissé

R = Rien, il reste plus rien, merde alors, là j’en ai fini, je cherche la sortie et je vais voir ailleurs.

Je suis l’Alzheimer. On prononce « meurt » oui le cerveau atteint, je,prends un dernier train on aurait dit « mer » çà c’était plus mieux, çà ouvre des prémices de liberté, des vagues, d’horizons de découvertes et bien non……… Vil personnage tu as voulu qu’il en soit autre. Pas bien !

-         Bon ce n’est pas le tout, il faut que j’y aille. (Changement de décor, les lumières s’allument de l’autre côté de la scène, Marie arrive chez Madame NADA) (Bruit de sonnette, la porte s’ouvre)

 MARIE       - Bonjour Madame NADA.

Madame NADA    - Bonjour Madame, Vous êtes qui ?

MARIE       - je m’appelle Marie, je viens m’occuper de vous ;

Madame NADA    - AH ! Et c’est pourquoi ?

MARIE       - Vous aider, faire votre ménage etc. etc.

Madame NADA    - Ah ! Mais  c’est qui, qui vous a dit de venir ?

MARIE       - votre fille Dominique.

Madame NADA    - Ah ! De quoi elle se mêle celle-là, j’ai besoin de personne et puis ce n’est pas sale.

MARIE       - Madame j’ai des ordres et j’obéis, Où se trouve l’aspirateur ?

Madame NADA    -Dans la chambre, mais ce n’est pas sale, ce n’est pas la peine de le passer.

MARIE       - Oh ! Que si ! Ce n’est pas propre, y a pleins de poils de chien.

Madame NADA    - Ce n’est pas un chien, c’est une chienne.

MARIE       - Oh ! Pardon !

Madame NADA    - Ce n’est pas grave !

MARIE       - Et elle s’appelle comment ?

Madame NADA    - Lina et j’ai aussi un chat lui c’est Minou, mais ce n’est pas sale vous pouvez partir.

MARIE en riant        -  chère Madame je vais vous acheter des lunettes, regardez tous les poils qu’il y a, et puis vous n’avez pas fait votre vaisselle. Et là le pain par terre ne me dites pas que vous avez des oiseaux à la maison.

Madame NADA    - Non ! C’est pour Lina, elle mange du pain.

MARIE       - Ah ! Bon, en principe c’est pour les oiseaux. M’enfin si vous dites que la chienne le mange, il faut lui mettre dans sa gamelle et non à même le sol ça fait CRACRA.

Madame NADA    - Bon ! Si vous le dites. Passez donc l’aspirateur mais après vous partirez.

MARIE       - On verra.

Madame NADA  marmonne.         - Oh ! Seigneur Jésus, j’y comprend rien, je suis chez moi quand même

MARIE       - Qu’est-ce que vous dites ?

Madame NADA    - Rien je cause toute seule.

MARIE       - Ah, bon.

 Scène 5

 

-          (Marie passe l’aspirateur, fait la vaisselle et lave le sol, quand elle a terminé ; on sonne à la porte et une dame entre, c’est Dominique)

DOMINIQUE        - Bonjour Marie

MARIE       - Bonjour

DOMINIQUE          - je suis Dominique, Bonjour Maman, ça va ?

Madame NADA    - Ah ! C’est toi, c’est gentil de passer, mais la dame c’est qui ?

DOMINIQUE        - C’est MARIE une dame qui va venir faire ton ménage.

Madame NADA    - Ah ! Mais pourquoi ? Ce n’est pas sale, j’ai lavé.

DOMINIQUE        -  Non, Maman tu ne laves pas, tu ne fais plus rien. Tu es malade Maman. Avant c’était Claude, ton autre fille qui faisait ton ménage ou bien moi, mais on travaille à l’extérieur alors c’était fatiguant. Maintenant, c’est Marie qui va venir nous soulager. Tu comprends Maman.

Madame NADA    - Non, je ne comprends rien du tout, je le fais, ce n’est pas sale.

DOMINIQUE          - Maman, tu arrêtes.

(Dominique s’énerve et Marie surprise n’en mène pas large, mamie insiste)

Madame NADA    - Je suis chez moi quand même, je fais ce que je veux.

DOMINIQUE        -  Oui, Maman tu es chez toi, mais tu ne fais pas ce que tu veux, car tu es malade.

Madame NADA    - Ah bon ! Si tu le dis. Et qui c’est qui va la payer. Je n’ai pas de sous ?

DOMINIQUE    - C’est Claude ton autre fille qui s’occupe de tes comptes, tu lui as fait une procuration Maman, alors ne t’inquiètes de rien.

Madame NADA    - Oh Seigneur Jésus, je ne comprends rien, elle est où la chienne ?

DOMINIQUE    - Elle est dehors Maman, elle a besoin de sortir, de courir. Tu ne la sors pas alors je le fais et Claude s’en occupe le soir.

Madame NADA    - Ce n’est pas vrai je l’ai sortie ce matin.

DOMINIQUE          - Non, maman tu ne l’as pas sortie, elle a fait ses besoins dans la cuisine et j’ai nettoyé en arrivant.

Madame NADA    - Ah bon ! Mais faut la faire rentrer on va me la voler.

(S’inquiète mamie)

DOMINIQUE          - Mais non maman, elle est dans le jardin et il est clôturé.

(Mamie se lève et se dirige vers la porte) Où tu vas Maman ? (Crie Dominique)

Madame NADA    - Je vais faire rentrer la chienne.

DOMINIQUE          - Non, maman, assieds-toi je la ferai rentrer quand je partirai. (Puis s’adressant à Marie, venez on va dehors discuter un peu)

MARIE         - D’accord, au revoir Madame NADA.

Madame NADA    - Au revoir Madame et merci.

MARIE         - A demain.

Madame NADA    - Oui, si vous voulez à demain. (Mamie se lève)

DOMINIQUE          - Maman tu vas où ?

Madame NADA    - Je raccompagne la dame.

DOMINIQUE          - Non, tu restes assise et tu te reposes.

Madame NADA    - Oh ! La, la, la, la, je ne suis  pas fatiguée.

DOMINIQUE          - Ah ben ça ! Tu ne risques pas de l’être à ne rien faire.

Madame NADA    - Hein ! Qu’est ce que tu dis ?

DOMINIQUE          - Rien maman, tu as raison, je reviens. (Et nous sortons)

 DOMINIQUE          - Elle  est pénible, je ne sais pas comment fait Claude, mais moi je ne m’y fais pas à sa maladie. Merci d’être passée, je suis venue vous ouvrir le cadenas du jardin en sachant que vous arriviez. Ensuite j’ai fais 2 courses avant de revenir. EN VOICI UNE CLE.

MARIE         -  Merci, pourquoi fermez-vous ?

DOMINIQUE          - Parce qu’elle fugue.

MARIE         - NON !

DOMINIQUE          - Si ! On ne lui laisse pas d’argent depuis 5 ans qu’elle est malade. La première fois elle est allée trouver une voisine pour qu’elle l’emmène faire ses courses. La voisine nous a prévenu. La deuxième fois, elle a pris une chaise et elle est passée par dessus la porte. Elle est partie toute seule jusqu’à la mairie et est allée s’asseoir en pleine réunion du conseil. C’est le maire qui nous a contacté, une chance : elle avait son sac avec elle et dedans il y a un papier avec des détails sur sa maladie et un numéro de téléphone pour nous joindre. Depuis on a rehaussé en mettant un grillage au dessus de la porte.

MARIE         - Et bien dites donc c’est folklo ! C’est une coquine votre maman.

DOMINIQUE          - OUI, allez Marie à demain.

MARIE         - A Demain, madame.

DOMINIQUE          - Appelez-moi Dominique.

MARIE         - Très bien à demain Dominique.

 (voir rubrique PIECE 3 (suite)  pour lire la suite)

mercredi 14 janvier 2009 15:22 , dans PIECE 3 ------------


Convoi d'anges heureux (suite)

Extrait CONVOI D ANGES HEUREUX

 Une grande dame qui transpire la femme du monde, bien sapée, se promène sur les quais et parle haut se croyant seule, elle est désespérée et fait le bilan de sa vie (projecteur juste sur elle)

 Elle – (d’une voix emplie de larmes) J’ai tout perdu, il me fait cocu, je le sais, j’ai senti le parfum de l’autre, j’ai trouvé un petit mot doux.

J’ai perdu mon travail, à cause de plusieurs accidents, ce n’est plus un dos que j’ai c’est de la marmelade. A cinquante ans, ne plus plaire à son mari, ne plus pouvoir exercer, c’est triste. Je me sens inutile, tellement inutile (sanglots dans la voix) et fatiguée, tellement fatiguée. Je fous quoi sur cette terre, si plus personne n’y a besoin de moi.

 Je me sens si seule, tellement seule et désolée. (Elle marque un temps d’arrêt, s’approche du bord du quai timidement) Ce quai vide, me semble idéal (Elle s’avance encore un peu, en tâtonnant du pied, indécise) J’y vais, je n’y vais pas ? C’est que c’est haut, je ne sais pas nager mais bon quand on se suicide y ‘ a pas besoin de savoir nager et puis pourquoi je me pose des questions. Qu’importe si je suis mouillée, décoiffée ou autres, je suis venue ici dans un seul but, me foutre à l’eau. J’aurai pu choisir la pendaison mais je n’ai pas d’échelle et puis même si tirer la langue après pourrait être une pirouette à la vie, sentir ma nuque craquer, je ne pouvais pas le supporter.

 - (Elle poursuit) Tandis que l’eau, je peux penser que j’entre dans mon bain et que je m’enfonce tout doux comme dans du coton. Il suffit de fermer les yeux et de ne plus penser et je m’en fous crie t-elle qu’on retrouve mon corps en mer, parce qu’il y a avis de tempête.

 (A ce moment là on entend une voix tonitruante qui sort de dedans d’un carton caché dans un coin et qu’elle n’avait pas remarqué et qui la fait sursauter)

 Lui – Tempête, t’en pète le lundi, t’en chie le mardi

 (Elle s’approche, craintive et marche par inadvertance sur un tas de carton dont sort la tête

d’un clochard bougon)(le projecteur s’allume sur ce coin)

 LUI –  Hé ! Oh ! Vous marchez sur ma maison crie t’il exaspéré

 Elle – « craintive » Oh pardon ! Je ne vous avais pas vu

 Lui – « Mi colère, mi moqueur » Ouais on dit cela ! N’empêche que vous me marchez dessus sans crier gare, ben ouais quoi vous ne voyez pas que je suis chez moi, est ce que je viens vous déranger moi ? Est-ce que je me jette dans le vide du haut d’un trottoir ? (Elle ne répond pas à ses questions, elle en oublie même ce qu’elle venait faire là et s’extasie)

 Elle – Une maison en carton (puis inquiète, elle lance des regards de tous côtés)

 Lui – « interrogatif » Qu’est ce que vous cherchez ?

 Elle – « moqueuse » Le loup ! Vous me faites penser au petit cochon de la fable, alors je cherche le loup

 Lui – (Rire caverneux il s’esclaffe) Et qu’est ce qui vous dit que je ne suis pas le loup de la fable, hein ! J’ai mangé le petit cochon et je suis installé dans sa maison

 Elle – (Elle prend un air outré) Grand Dieu, vous un loup ! J’en doute fort, vous ressemblez plus à un cochon dans cet accoutrement, quoique vous ayez aussi le profil d’un fauve

 Lui-(Voix cassante) Méfiez vous madame, vous m’insultez !

 Elle – Pardon, je ne voulais point vous offenser

 Lui- « la détaillant de bas en haut, toujours assis dans son carton » Oui, oui on dit cela et « on » n’en pense pas moins, alors on vient courir le guilledou, y’avait personne dans la soirée, vous n’avez pas trouvé chaussure à votre pied ?

 Elle –« outrée »  Monsieur, je ne suis pas celle que vous croyez

 Lui – « intrigué »Alors que fait une grande dame de votre classe au bord des quais, seule

 Elle –« dubitative » elle se promène, elle rêvasse, elle est irrémédiablement attirée par l’eau

 Lui – « moqueur » Ah ! Oui et c’est t’y donc qu’elle voudrait plonger, compter fleurette aux poissons, piquer une tête, se rafraîchir ?

 Elle – « ne chassant sur quel pied danser » C’est fort possible mon ami, elle y songe

 Lui –« interrogatif » Et pourquoi, elle voudrait le faire ? Elle compte sur un bon samaritain pour la repêcher ?

 Elle –Que nenni, elle se croyait seule et vous apparûtes, donc elle n’en fera rien

 Lui – (pour lui-même parlant haut) Je ne suis pas en rut que je ne sache mais elle est croquante, ça pourrait le devenir

 Elle – Vous dîtes ?

 Lui – Rien je cause tout seul pour me tenir compagnie

 Elle –« étonnée » Oh, vous aussi il vous arrive de parler seul !

 Lui – Oui

 Elle – Tant mieux mais puisque maintenant nous sommes deux peut être pourrions nous bavarder ?

 Lui – Oui, c’est ce que l’on fait, il me semble !

 Elle – Puis je vous poser une question ?

 Lui – faîtes

 Elle – Pourquoi dormez vous dans du carton ? N’avez-vous pas un logis ?

 Lui –« moqueur » vous dites vouloir me poser une question et vous en posez deux  mais bon pour vous répondre, non je n’ai plus de maison, alors je dors ici et je compte les étoiles

 Elle –« avec un sourire » Ah ! C’est une bien belle occupation et qu’en pense votre femme ?

 Lui –« bougon » Je n’ai plus de femme

 Elle –« curieuse » tiens et pourquoi donc ?

 Lui – elle aimait les fleurs, elle leur coupait la queue, quand elle m’a dit je t’aime, j’ai eu peur

 Elle – (Riant) Grand Dieu, mon pauvre

 Lui – (Philosophe)  Pauvre je le suis, il est inutile de me le rappeler

Elle – Pardon ! Vous ne travaillez point ?

 Lui –« d’une voix poignante » Je suis malade je souffre d’élépathie

 Elle – Aïe

 Lui- Vous avez mal

 Elle-« intriguée » Non je dis aïe pour vous, quelle est donc cette maladie

 Lui – « rieur » Elépathie ma jeunesse

 Elle – (Eclatant de rire) Oh vous êtes un marrant !

 Lui – Oui j’adore les jeux de mots, sinon pour vivre je joue de la musique, j’ai la musicoviscidose dans le sang, moi madame

 Elle – La quoi ?

Lui – la musicoviscidose, c’est une bonne maladie

 Elle – Très drôle

 Lui –« sur le ton de la confidence » Avant cela très chère, je côtoyais du beau linge

 Elle – Pardon !

 Lui –« il s’énerve » Vous êtes dure à la comprenette, j’entends par là que je côtoyais du beau monde, j’étais mangeur d’homme moi madame, (il rit grassement de l’ânerie qu’il vient de lui sortir)

 Elle – « scandalisée » Mangeur, grand Dieu, un cannibale, c’est bien ma veine !

 Lui – Mais non ! Je rigole, j’étais Majordome chez une star du music hall et c’est lui qui m’a appris la zicmu

 Elle – La zicmu, vous voulez dire la musique, vous êtes perturbant, vous avez un drôle de langage

 Lui – Scusez madame, je n’ai pas un langage châtier comme le vôtre

 Elle – Pourtant un majordome, c’est quelqu’un de stylé et qui a de la classe

 Lui –« fier » Pour sûr ! J’avais de l’allure dans ma belle redingote et je causais bien avec les gentes dames qui défilaient

 Elle –« de plus en plus étonnée » Les ? Grand Dieu, il y en avait tant que cela

 Lui – Laissez Dieu où il est, sacré non ! Oui mon maître avait une gueule de beau gosse, donc forcément, les gueuses lui couraient après, faut voir comment il était maqué, un vrai mod’s

 Elle – Un quoi ?

 Lui –« moqueur » Z’êtes dure de la feuille, vous ne ouïssez rien, ou alors c’est ‘ y que je ne cause pas la France, à moins que le mot mod’s soit pas dans votre vocabulaire

 Elle – heu ! Effectivement, j’ignore ce que signifie ce mot

 Lui – (riant) Ce que vous êtes cruche, vous alors ! (Et de chanter) We are mod’s. We are mod’s.  (Puis de poursuivre) un mod’s madame, c’est un gentleman qui porte un pantalon tube, avec une petite cravate, un blaser, des chaussures Weston et qui roule en scooter avec pleins de rétros et un badge bleu blanc rouge, rond comme une cible

 Elle – Ah bon ! Et bien j’avoue que je suis inculte à ce genre d’habillage, vestimentaire, donc votre maître était un mod’s et y’avait des filles qui défilaient chez lui, des mannequins je suppose ?

 Lui –« affirmatif » Y’avait un peu de tout, des mannequins, des pin-up, des chanteuses, des danseuses et même une marquise ou baronne

 Elle –« convaincue » Oh ! Voyez vous cela, une marquise ou une baronne, bref vous ne vous souvenez plus de son titre !

 Lui – Non ! Mais elle avait des bagouzes à tous les doigts et je crois bien qu’elle en avait même aux doigts de pieds c’est vous dire, l’importance de la donzelle, sans compter les bracelets, les colliers, bref une vraie quincaillerie ambulante

 Elle – Si cela se trouve c’était du toc

 Lui –« surpris » Vous croyez ? Une louloute tape à l’œil, juste avec du clinquant pour faire chic ? Non ! Pas possible, oh, la garce tout cela pour mettre le grappin sur Monsieur !

mercredi 14 janvier 2009 15:07 , dans PIECE 2 -----------


Elle m'a fait un bébé dans le dos !!!

Extrait ELLE M A FAIT UN BEBE DANS LE DOS

PIECE DE THEATRE

 SCENE 1 ACTE 1

Marie Denis  arrive sur scène et elle parle seule en gesticulant

 -          Je suis en pétard et il y a de quoi ! Elle a tout fait à l’envers, gr !ça m’énerve ! Elle a d’abord récupéré le bout de ma pièce que j’avais mis en ligne via Internet, elle l’a monté et ensuite elle s’est inquiétée de savoir si elle pouvait la jouer en écrivant au site. Ce sont eux qui ont contacté la SACD. Et cette dernière société leur a répliqué que je n’étais pas chez eux. Abonné absent. Ah ! Ils ne manquent pas d’air. Je leur ai pourtant envoyé ma pièce l’an dernier, j’ai fait un chèque. Ils m’ont répondu que ma pièce était protégée. Et je n’existe pas. Malédiction. Plouf ! Plouf ! Je leur ai écrit qu’ils étaient gonflés. Ils m’ont expliqué que pour permettre qu’on joue ma pièce,  je dois adhérer. Gloups ! Encore de la paperasse à remplir et de nouveau  frais. Et qu’est ce que j’y gagne, rien ! Enfin si, ce bout de pièce est joué puis suivi d’un débat pour expliquer la maladie. Oui mais voilà, y’a un hic et de taille. La compagnie souhaiterait que je reverse l’intégralité de mes droits à l’association qui s’occupe des malades pour permettre l’achat d’un véhicule. Résultat des courses, j’ai le quinté dans l’ordre mais je ne gagne rien. Rebuffade. Je ne suis pas d’accord. Je veux mes tunes. Ce n’est pas marqué crésus sur mon front. Elle était pourtant  partante au départ pour me payer la metteuse en scène. Je n’ai pas le même son de cloche. Elle m’a fait un bébé dans le dos, j’ai donné mon autorisation pour jouer, pas pour me faire arnaquer. (Puis Marie ayant vidé son sac, s’assoit  sur le banc

 ACTE 1 SCENE 2

 Marie DENIS assise sur le banc et rejointe par son ex collègue CLAUDE

 CLAUDE -Bonjour Marie, je suis contente de te revoir, tu vas bien ?

 (MARIE se lève embrasse son ex collègue sur les joues)

 MARIE –Bonjour Claude, je suis ravie moi aussi, ça pourrait aller mieux !

(Toutes deux s’assoient sur le banc)

 CLAUDE – Que t’arrive t-il ?

 MARIE – Elle m’a fait un bébé dans le dos ! (Gémie t elle sans donner d’autres explications à son amie)

(Claude instinctivement se retourne pour regarder le dos de MARIE)

 CLAUDE –Bouge toi que je regarde !

 (Marie avec des yeux ronds accède au désir de Claude et lui montre son dos tout en disant

« Qu’est ce que tu cherches ?

 page 1

CLAUDE – Le bébé, s’il est dans ton dos, je veux le voir, je dois le voir, hors il n’y a rien, il est où ?

MARIE – Nulle part, c’est elle qui l’a puisque c’est elle qui me l’a fait !

 CLAUDE – C’est un spécimen !

 Marie – Pas du tout !

 Claude – Comment cela pas du tout, y’a un bébé ou y’en a pas ? Parce que pour créer un bébé, il faut être deux et du sexe opposé, tu es d’accord avec moi ?

 MARIE – Je suis d’accord

 Claude – Seulement tu dis « elle », hors tu es une fille jusqu’à preuve du contraire

 Marie – Oui je suis une fille et alors !

 Claude – Alors ! Comme je te le disais pour faire un bébé, il faut un gars et une fille, si vous êtes deux filles, impossible qu’elle te fasse un bébé dans le dos

 Marie – Je suis d’accord avec toi

 Claude – Ouf ! Tu me rassures, j’ai cru que j’avais raté quelque chose et que mon éducation était à refaire, déjà qu’hier j’ai dû expliquer à ma sœur Noëlle née comme par hasard le jour de Noël que ce n’était pas le père Noël son papa et que non il ne l’avait pas déposé au pied du sapin dans un emballage cadeau (Claude rit) Tu imagines ma sœur sous le sapin toute enrubannée ? (Marie séduite par la comparaison, rit elle aussi)

 Marie – Oui j’imagine

 Claude- Tu aurais vu la tête de Noëlle, sa déception

 Marie - Aïe ! La pauvre !

 Claude – Oui, comme tu dis ! Remarque elle est rentrée et m’a montré sa dissertation, le sujet en était «  racontez, nous un fait marquant sur les fêtes de Noël ! »

 Marie – Oui et ?

 Claude – Elle a été écrire, je m’appelle Noëlle, je suis née à Noël, mon père est le père Noël

 Marie – Non !

 Claude – Si ! J’étais écroulée de rire

 Marie – Effectivement il y a de quoi !

 Page 2

Claude – Je lui ai donné un cours d’éducation sexuelle, lui expliquant que les petites filles ne naissent pas dans les roses, les petits garçons pas dans les choux et que ce ne sont pas les cigognes non plus qui apportent les bébés, que pour fabriquer un bébé, bon bref je ne te fais pas de dessin

 Marie – Non pas besoin, n’empêche que !

 Claude – Que quoi ?

 Marie – Qu’elle m’a fait un bébé dans le dos !

 Claude – Encore !

 Marie – Oui

 Claude – Tu y tiens !

 Marie- J’y tiens

 Claude – Raconte !

 Marie – Le bébé c’est une image

Claude- Oui il est sage

 Marie- Arrête de m’interrompre !

 Claude – Oh pardon ! Vas y je t’écoute

 Marie – Je peux !

 Claude – Oui, puisque je te le dis

 Marie- Tu sais que ma pièce de théâtre a été jouée (Claude fait oui de la tête) et bien sous prétexte que c’est un sujet humanitaire, la metteuse en scène souhaiterait que je signe un papier et que j’abandonne mes droits d’auteur au profit de l’association humanitaire alors que je suis au chômage et que mon écriture c’est mon gagne pain

 Claude – Non !

 Marie – Si !

 Claude – Elle est gonflée

 Marie – Oui, elle ne manque pas d’air

 Claude – Que vas-tu faire ?

Marie – Je vais faire valoir mes droits, je suis l’auteur, œuvre caritative ou pas, bonne cause ou pas

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Claude- Et le bébé ?

 Marie – Le bébé je vais le tuer dans l’œuf ! (S’emporte t elle)

 Claude – Waou ! Tu as des envies de meurtre

 Marie – Avoue qu’il y a de quoi être colère, cette demoiselle exige sous prétexte de faire du bénévolat que j’agisse de même. Comme je ne suis pas d’accord à ses yeux je suis une garce de la pire espèce, inhumaine, elle me menace des foudres de la justice, me trouve indigne et le comble elle compte écrire une pièce à ce sujet et me donner le mauvais rôle. Elle ne me connaît pas, pfft !! Elle va voir de quel bois je me chauffe. Elle est ridicule dans son entêtement, je suis dans mon bon droit, le social j’ai donné et je donne encore. Alors la gente demoiselle, ne va pas me faire de leçon.

Claude – Oui tu as raison, c’est vrai que tu as le cœur sur la main et que depuis des années tu œuvres pour des enfants en donnant tes contes un peu partout dans le monde.

 Marie – Oui j’en ai qui sont partis avec médecins sans frontières, d’autres sur une disquette emmenés par un ami en Russie, ou envoyés via Internet et dernièrement j’ai un pote qui en a pris pour les écoles du Mali tout cela gracieusement et il faudrait que je continue à me saigner, c’est hors de question ! Elle a eu le toupet de dire que je joue double jeu, pour elle je suis une menteuse, je la lèse, je l’assassine, elle trouve nos chamailleries dérisoires pour quelques euros. Normal c’est mon dû. Il se font des tunes sur mon dos et même si c’est pour une bonne cause je dois dire amen. Elle devrait se rappeler que sans ma pièce pas de projet donc pas de mise en scène, pas de public, pas d’argent.

 Claude- Bien parlé ! Et le bébé !

 Marie – Quoi le bébé ! Y’a plus de bébé ! Exit, zappe, oublie, bon j’ai du pain sur la planche. Il faut que je trouve la parade, je me sauve, bisous ma belle (Marie embrasse son amie et quitte la scène, Claude perplexe se parle seule)

 Claude – Je n’ai rien capté à son histoire de bébé dans le dos. Il faudra que je lui demande qu’elle m’explique, j’ai à faire moi aussi ce n’est pas le tout. Il faut que je rentre

(Elle quitte le banc à son tour le rideau se ferme)

 SCENE 3 ACTE 1

(Le rideau se lève sur scène la metteuse en scène Julie et sa troupe en pleine réunion)

 Julie – Elle m’a fait un bébé dans le dos !

 Renaud – Qui çà ?

 Julie – L’auteure !

 Anne – Comment a-t-elle pu ? demande t’elle en tournant autour de Julie avec un regard interrogateur

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Julie- Arrête de me tourner autour, tu vas me faire devenir chèvre ! J’ai l’impression d’être une bête de cirque, assieds toi

 (Anne obéit)

Momo (qui n’a rien compris) – Il faut vous pacser !

 Julie (elle le regarde avec des yeux ronds et s’exclame en colère) –ça ne va pas la tête, nous pacser et puis quoi encore !

 Momo- Dans ce cas il faut vous marier

 Julie (toujours colère) – Ah non ! On divorce

 Momo (toujours aussi naïf et calme) – impossible vous n’êtes pas mariées

 Julie- Tu es pénible Momo, tu m’embrouilles, ni pacse, ni mariage. Divorce, avortement, je vais le tuer dans l’œuf moi ce bébé.

 Anne et Momo – ASSASSIN !

 Julie – Comment cela assassin ! Je crois que vous n’avez pas compris la situation. L’auteur veut être payée et ce chaque fois que l’on joue.

 Renaud – C’est normal !

 Julie – Non, justement ce n’est pas normal, est ce que vous êtes payés vous pour jouer

Tous les acteurs présents s’écrient – NON !

Julie – Donc c’est bien ce que je disais pourquoi le serait elle, elle ? On reverse l’intégralité de la recette à l’association des malades. Elle a travaillé auprès de ces malades, elle doit donc reverser ses droits.

 Renaud- Ah !

 Julie – Quoi ah ! J’avais son autorisation

 Renaud – Si vous aviez son autorisation dans ce cas pourquoi réclame t elle ses droits ?

 Julie – Pour nous embêter, elle nous prend pour des vaches laitières. Elle fait cela par intérêt, si elle croit me pigeonner, elle se plante. Ah la traîtresse, la mesquine ! Je vais la démolir, lui faire une publicité telle, qu’elle aura honte.

 Anne – Après la chèvre, voilà les vaches, l’étable va y passer.

 Julie – Qu’est ce que tu dis ?

 Anne – Rien, je cause toute seule

 Julie – J’aime mieux cela

Anne – et le bébé !

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-Julie- Quoi le bébé ? Y a plus de bébé ! Je vais le tuer, j’ai même l’idée d’une pièce pour cela. Bon, j’ai du pain sur la planche, fin de la réunion. Je me sauve, bonsoir tout le monde.

Renaud, Anne et Momo – Bonsoir Melle Julie

(Julie quitte la scène, les autres ramassent leurs affaires, Renaud sort en saluant ses camarades « bonsoir »

 Momo et Anne – Bonsoir Renaud (puis Anne s’adresse à Momo) –Je n’ai rien compris à son histoire de bébé et toi ?

 Momo- Heu, moi non plus mais si elle a dit qu’il n’y avait plus de bébé, oublie le

 Anne- Ah bon ! Oui mais tout de même, c’est dur.

(Tout deux quitte la scène, fin de l’acte deux)

 ACTE 2 SCENE 1

 Marie  est de nouveau sur le banc, armée d’un stylo et d’un bloc note, elle parle seule

 Marie – Parade ! Comment je vais pouvoir parader, moi ? Quel cirque ! Toute la nuit j’ai cogité, rien ! Il en devient lourd le bébé qu’elle m’a fait dans le dos, un vrai boulet, une plaie ! Je sèche, page blanche et un auteur qui sèche sur sa copie, c’est le comble, ça ne donne rien de bon. C’est le trou, pas le trou normand, hélas, non ! Le trou béant, le vide.

Tiens en parlant de trou, il me faudrait un souffleur comme au théâtre. Le brave gars qui est planqué dans sa trappe et qui te vient en aide quand tu as mangé ton texte. Oui mais là y’a pas de texte donc le pauvre il va falloir qu’il soit imaginatif. On n’est pas sorti de l’auberge, il va être obligé de gamberger sec, d’ici qu’il me raconte des cracks, qu’il m’embrouille à souhait et c’est la cata…

(Arrive Claude l’amie de Marie)

 Claude- Ah, Marie ! J’étais sûre de te trouver là

 Marie – Bonjour Claude (Marie se lève du banc, elles s’embrassent, se rassoient)

 Claude- Alors que fais tu de beau ?

 Marie- Je réfléchis  et le pire c’est que je sèche sur ma copie

 Claude – aïe ! Tu comptais écrire quoi ?

 Marie – Une nouvelle pièce

 Claude- Super ! Et qu’est ce qui t’arrête ?

 Marie – le poisson

 Claude (étonnée) – le poisson, quel poisson ?

Marie- Mais non, je plaisante, tu as dit arrête, j’ai fait un jeu de mot, il y a des arrêtes dans le poisson

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Claude- Trop drôle, non aller sans rire, qu’est ce qui te poissonne ? Pardon, qu’est ce qui te chiffonne ? (Claude éclate de rire et Marie en fait autant) tu me fais dire des bêtises ajoute t’elle

Marie – Oui, excuse ! Ma pièce est à l’état de gestation, il faut que j’accouche, tel que c’est parti, je vais mettre neuf mois pour l’écrire

 Claude – Normal pour fabriquer un bébé, c’est le temps qu’il faut. Tiens constate t elle, nous revoilà au point de départ avec l’histoire du bébé

 Marie – Oui tu as raison, il y a des bébés partout, je sens que je vais en faire une indigestion

 Claude – Ah, remarque que quand  leurs cheveux poussent, ça occasionne un bon mal  d’estomac, mais tout de même de là à faire une indigestion.

 Marie – Oui, je sais, n’empêche que ça me gave, je ne suis pas plus avancée. Je dirais même que je suis au point mort.

 Claude- Tu ne nous préparerais pas une grossesse nerveuse par hasard !

 Marie – Pas que je ne sache dit elle en regardant néanmoins son ventre.

 Claude – Alors, démarre, passe une vitesse, fonce !

 (Sous le regard ébahi de son amie Marie se lève, fait le tour du banc en courant, en disant

Bip, bip, vroum, et hop première vitesse, (Elle accélère) Go, je passe en seconde, troisième, quatrième, cinquième (Puis elle se rassoit essoufflée)

(Son amie rit et lui dit)

 Claude – Et là ?

 Marie – Là j’ai calé

 Claude – Effectivement (Claude rit de plus belle) Tu dois être à plat !

 Marie- Tu crois ! demande t elle en vérifiant l’état de ses chaussures. Je pense que tu as raison ma semelle est usée.

 Claude – Bon trêve de plaisanterie que vas-tu faire ?

 Marie – Changer de chaussures !

 Claude – NON !

 Marie – je réfléchis !

 Claude – Ne réfléchis pas trop, ça fume dit elle en tâtant le front de son amie, à mon avis tu nous couve quelque chose.

 Marie- Oui un bébé

mercredi 14 janvier 2009 14:54 , dans PIECE 1 -------------



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